Comment Ça va ?

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Le nouveau récit du groupe de pionnier·es du 02 décembre 2023

Curieuse d’en savoir plus sur les mystérieux WhatsApp, Facebook et Instagram, la jeune Lucie découvre qu’il y a plusieurs années, se rencontrer et authenticité rimaient avec virtualité.

Saou, 2040 Chez Papi Vincent

❝ Dis Papi Vincent, j’ai vu un documentaire dans lequel on parlait de Facebook, Instagram, WhatsApp. Je crois avoir compris que c’était grâce à ces réseaux sociaux. Je me suis sentie perplexe face aux témoignages de personnes qui se sentaient liées entre elles mais qui ne s’étaient jamais vues? Tu as connu ce truc là ? Pourquoi je n’en n’entends pas parler alors qu’apparemment c’était des outils indispensable avant ? Que s’est-il passé ? Tu me racontes ? ❞

❝ Alors, ma petite Lucie… Il y a plusieurs années, les relations humaines se vivaient principalement à travers les réseaux sociaux. Ces applications mobiles ou de ces sites internets nous permettaient d’interagir, se rencontrer et discuter avec d’autres personnes dans le monde en temps réel à travers un écran, sans jamais se voir pour de vrai.
A ce moment-là, nous pensions être réellement et profondément toutes et tous être connectés les uns aux autres. En ce qui me concerne, je n’excluais pas le fait que ça puisse parfois être le cas, mais cette conception des interactions sociales ne me correspondait pas. N’étant pas inscrit sur ces plateformes, je ratais des infos, des soirées, des événements et je me sentais parfois un peu isolé.

Puis, un jour de décembre 2023, lors d’un atelier de La Fresque des Nouveaux Récits organisé par mon voisin Paulo, j’ai partagé mon choix de ne pas adhérer à ces fameux réseaux sociaux dont tu as entendu parler. De riches et stimulants échanges avec mes camarades d’atelier autour de la création de lien dans notre société ont eu lieu.
Nous avons communément eu l’idée de nous retrouver à la maison et de réfléchir ensemble autour d’une question : Comment recréer du lien entre les gens dans la vie “réelle” ? 
Tout au long de cette réunion, les idées ont fusées : des après-midis lecture de contes à la médiathèque ; des soirées jeux de société au bar ; des spectacles vivants sur la place du village et des ateliers autour de l’ennui. Quelques jours plus tard, avec la détermination de faire changer les choses, nous avions collectivement trouvé des lieux à Saou. Mon amie Lola qui travaillait dans une épicerie, s’était d’ailleurs occupée de diffuser l’information en placardant une affiche pour communiquer sur ces nouveaux lieux de proximité et ouvert à tout le monde.
Progressivement, de plus en plus de monde a rejoint ces divers groupes d’activités formés au départ par mes compères Emilie, Lola, Fanny et moi. Tout le monde veut participer aux ateliers de Lola où l’on s’ennuie collectivement. Les participants se sentent plus créatifs, décontractés et reliés au vivant après ces ateliers et décident aussi à leur tour d’en organiser.

En parallèle, des institutrices conquises en ayant participé à nos évènements, ont décidé de lancer une expérimentation pour former leurs élèves à un nouveau code autour du « Ça va ? ».
Leurs élèves pouvaient répondre au fameux « Ça va ? », de manière authentique et leurs sentiments étaient réellement accueillis par de l’écoute.
Tu ne pouvais pas le savoir, mais le « Ça va » que l’on utilise aujourd’hui pour faire et être en lien avec quelqu’un, avant, c’était uniquement une politesse pour s’éviter. Mortel !
En tout cas, en deux ans, toutes les écoles de la Drôme s’y mettent et cette pratique du « Ça va ? » tout comme nos idées pour se rencontrer, se propagent doucement au-delà des établissements scolaires, et même au-delà de Saou !

Intrigué par ces nouveaux espaces favorisant la rencontre et cette nouvelle approche authentique « Ça va ? », tout le monde en parlait et se racontait leurs expériences. L’importance des ressentis et des sentiments était petit à petit reconnue même au sein des familles. Avec le temps, se sentir entendu pour de vrai et en vrai, gérer l’ennui, s’apporter mutuellement des conseils et solutions était devenu réconfortant. Bref, en somme, ça nous avait rendu plus humain, plus vivant et plus heureux.

Grâce à la liaison entres nos espaces favorisant la rencontre et cette nouvelle approche profonde et authentique du « Ça va ? », on peut dire qu’on l’a échappé belle, ma chère Lucie. On aurait pu continuer à vivre dans un monde où la peur de l’autre serait toujours un quotidien et le moteur de nos interactions. Une société où l’ennui serait encore perçu comme un ennemi et dans laquelle nos cerveaux devraient être sur-sollicités constamment.
Aujourd’hui, nous avons enfin ce luxe de vivre dans un monde où tout le monde se regarde, se parle et se sourit. Cela nous semble maintenant tellement normal. Tu sais Lucie, je suis profondément reconnaissant de l’énergie collective qui a été développée ainsi que de toutes les nouvelles idées qui ont émergé toutes ces années sans lesquelles nous n’en serions pas là. ❞

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